Volume en baisse, valeur en hausse : comprendre le paysage des fusions et acquisitions de 2026 et la montée des mégatransactions
- Depuis le début de 2026, le volume total des transactions est en baisse en glissement annuel, et les annonces ont chuté de 22 % comparativement à janvier-février 2025.
- Il y a moins de transactions, globalement, depuis le début de 2026, mais le nombre de mégatransactions (1 G$ et plus) a plus que doublé, avec en tête l'acquisition massive de Warner Bros par Paramount pour 170 milliards de dollars.
- Malgré les récentes craintes liées à l'IA sur les marchés, les acquéreurs ciblent agressivement l'infrastructure d'IA, les avantages concurrentiels par les données et les capacités d'IA souveraine dans divers secteurs.
Tendances des fusions et acquisitions depuis le début de l'année : baisse du volume et hausse de la valeur
À un mois de la fin du trimestre, le rythme des fusions et acquisitions tourne un peu au ralenti comparativement à la fin record de 2025. Selon la couverture de l'univers de 11 000 titres à l'échelle mondiale de Wall Street Horizon, en date du 2 mars, il y avait eu 59 annonces de fusions et acquisitions et 78 conclusions officielles de fusions et acquisitions. Cependant, alors que le nombre total de transactions est un peu à la traîne, le nombre de mégatransactions (transactions de plus de 1 G$) est en hausse de 57 % en glissement annuel. En janvier et février 2025, quatorze transactions de 1 G$ et plus avaient été annoncées, comparativement aux 22 transactions de ce type déjà annoncées depuis le début de l'année.
De façon générale, les activités de fusions et acquisitions se sont stabilisées au cours des dix dernières années. Entre 2016 et 2018, il y avait en moyenne plus de 1 000 transactions par an. Depuis 2020, le marché s'est stabilisé, adoptant un rythme beaucoup plus lent d'environ 400 à 500 annonces par année.
Et même si les annonces de fusions et acquisitions sont en baisse en janvier et février 2026 (57 en 2026 comparativement à 73 en 2025, soit une baisse de près de 22 %), les conclusions officielles sont quant à elles légèrement en hausse (76 en 2026 comparativement à 71 en 2025, pour une hausse de 7 %). Ces données donnent à penser que, même s'il y a moins d'annonces depuis le début de 2026, le rythme des conclusions de transactions qui avaient été annoncées en fin de 2025 reste stable.
Il convient aussi de souligner que le temps requis pour finaliser une transaction (de l'annonce à la conclusion officielle) a presque triplé, dans les dix dernières années. Les données de Wall Street Horizon montrent ce qui suit :
- Moyenne de 2016-2019 : ~53 jours
- Moyenne de 2020-2024 : ~150 jours
Pour ce qui est de 2026, aucune des 59 transactions annoncées n'a encore été achevée dans le laps de temps indiqué par les données. Compte tenu de la moyenne actuelle d'environ 150 jours pour conclure une transaction, il faut s'attendre à ce que le gros des annonces du début de 2026 ait une incidence sur les données concernant les conclusions à partir de la fin du T2 ou dans le courant du T3 de 2026.
Mégatransactions annoncées en 2026
La nouvelle la plus marquante du côté des fusions et acquisitions cette semaine a été l'importante victoire de 170 milliards de dollars de Paramount contre Netflix dans la guerre d'enchères pour acquérir Warner Bros. Cette acquisition transformatrice s'ajoute à une liste croissante de mégatransactions annoncées ce trimestre, notamment :
Mégatransactions en 2026 (5 G$ et plus)
- Devon Energy / Coterra Energy : 58 G$ (annoncée le 2 février 2026)
- Boston Scientific / Penumbra : 14,5 G$ (annoncée le 15 janvier 2026)
- Nuveen / Schroders : ~13,5 G$ (annoncée le 12 février 2026)
- Banco Santander / Webster Financial : 12,2 G$ (annoncée le 3 février 2026)
- Zurich Insurance / Beazley : 11 G$ (annoncée le 4 février 2026)
- Global Infrastructure Partners (BlackRock) & EQT / AES Corporation : 10,7 G$ (annoncée le 2 mars 2026)
- SGH Ltd & Steel Dynamics / BlueScope Steel : 10,7 G$ (annoncée en janvier/février 2026)
- Danaher / Masimo : 9,9 G$ (annoncée le 17 février 2026)
- Advent International & FedEx / Inpost S.A. : 9,2 G$ (annoncée le 9 février 2026)
- Victory Capital / Janus Henderson : 8,6 G$ (annoncée le 26 février 2026)
- Gilead Sciences / Arcellx : 7,8 G$ (annoncée le 23 février 2026)
- Texas Instruments / Silicon Labs : 7,5 G$ (annoncée le 4 février 2026)
- The Brink's Company / NCR Atleos : 6,6 G$ (annoncée le 26 février 2026)
- Hg / OneStream : 6,4 G$ (annoncée le 6 janvier 2026)
- Mubadala Capital / Clear Channel Outdoor : 6,2 G$ (annoncée le 9 février 2026)
- Transocean / Valaris : 5,8 G$ (annoncée le 9 février 2026)
Vents favorables pour les fusions et acquisitions en 2026 – Taux et réglementation
En 2026, les fusions et acquisitions bénéficient de vents favorables importants, car le marché passe d'une période de stagnation à une période plus active. Les banques d'investissement soulignent que le catalyseur principal n'est plus la recherche de taux d'intérêt plancher, mais plutôt la stabilité des taux, qui offre aux chefs de la direction et aux chefs des finances l'environnement prévisible nécessaire pour une modélisation précise de la dette et des évaluations à long terme.
Dans leurs perspectives pour 2026, les grandes banques décrivent le climat actuel comme un « arriéré massif » prêt à se résorber à mesure que la prévisibilité des taux d'intérêt se confirmera vers le milieu de l'année. Pendant l'appel sur les résultats du T4 de 2025 en janvier, le chef de la direction de Goldman Sachs, David Solomon, a déclaré ce qui suit : « L'environnement actuel pour les grandes fusions et acquisitions est très favorable en 2026 et en 2027, et il y a beaucoup de situations propices pour des consolidations importantes. Nous avons constaté une reprise massive des activités à cet égard[1]. » Les dirigeants des banques, de Morgan Stanley à Citigroup, ont partagé des points de vue similaires dans leurs perspectives sur les fusions et acquisitions.
Cet élan est renforcé par un environnement réglementaire perçu comme étant de plus en plus « favorable aux transactions » pour les intégrations verticales et les mouvements industriels stratégiques. Les mégafusions des géants technologiques restent sous la loupe, mais c'est l'ensemble du milieu des affaires qui trace une voie plus claire vers des conclusions officielles, stimulant ainsi un appétit renouvelé pour des transactions transformatrices dans divers secteurs.
Cibles de 2026 pour les fusions et acquisitions
La « débâcle de l'IA » de février a réduit les valorisations du secteur des logiciels de près de 30 %; celle-ci a été poussée par la crainte que des sociétés en démarrage liées à l'IA puissent facilement reproduire les interfaces SaaS traditionnelles, mais ce repli a peut-être créé des occasions de fusions et acquisitions, dans cet espace. Au-delà des logiciels, plusieurs secteurs adjacents à l'IA alimenteront probablement les fusions et acquisitions cette année, notamment les semi-conducteurs, le matériel réseautique, les systèmes de CVC, le refroidissement industriel et l'immobilier. Selon Morgan Stanley, « les sociétés font des acquisitions pour combler immédiatement des lacunes de capacités et répondre aux demandes en hausse de ressources de calcul pour l'IA[2]. »
Sans surprise, l'infrastructure d'IA devrait être au centre de la ruée vers l'or cette année, avec des valorisations élevées pour les entreprises de refroidissement et de gestion énergétique de centres de données. Toujours en lien avec l'IA, le nombre de transactions dans le secteur de l'aérospatiale et de la défense a bondi comparativement à l'année dernière, tandis que les acheteurs sécurisent l'IA souveraine et la logistique des drones. Enfin, les chefs de file du secteur de la santé cherchent sans relâche à acquérir les plateformes de découverte de médicaments pilotées par l'IA ou des entreprises qui possèdent des données cliniques prêtes pour les autorités de réglementation, afin de raccourcir les échéanciers de développement.
En résumé
Selon le suivi d'un univers de 11 000 titres à l'échelle mondiale que fait Wall Street Horizon, le premier trimestre de 2026 commence lentement du côté des annonces de fusions et acquisitions, mais il est peut-être opportun de constater la qualité plutôt que la quantité. Le volume des transactions est légèrement plus bas, mais cette réduction est compensée par une poussée des consolidations stratégiques de haute valeur. Les banques d'investissement considèrent que le marché actuel est fin prêt, car la stabilité des taux et une réglementation favorable offrent la confiance nécessaire aux chefs de la direction pour exécuter des acquisitions. À mesure que les valorisations dans certains secteurs se réinitialisent, l'accent se déplace vers la sécurisation d'infrastructures critiques, un contexte qui est susceptible de faire de 2026 une année charnière pour les sociétés qui cherchent à combler leurs lacunes de capacités.
[1] Conférence téléphonique de Goldman Sachs sur les résultats du quatrième trimestre et de l'exercice complet 2025, le 15 janvier 2026; https://www.goldmansachs.com/investor-relations/presentations/2025/broadcast-fourth-quarter-2025.
[2] 5 Forces Driving M&A in 2026, Morgan Stanley, 22 janvier 2026; https://www.morganstanley.com/insights/articles/mergers-and-acquisitions-outlook-2026-activity.
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