Données économiques : une soupe à l’alphabet au menu
- Entre les résultats et les conférences, une semaine bien remplie de publications macroéconomiques pourrait modifier les analyses au sujet de la croissance et de l'inflation, à l'approche du mois de mars.
- Les données sur le PIB et l'évolution des dépenses de consommation des ménages du quatrième trimestre pourraient permettre de vérifier si le signal de ralentissement du marché obligataire tient la route.
- Le compte rendu du Federal Open Market Committee (FOMC), les indices préliminaires des directeurs d'achat (Flash PMI) et les sondages de l'Université du Michigan sur l'humeur des consommateurs complètent une période charnière susceptible d'influer sur les attentes liées aux politiques et sur les actifs à risque.
Les données sur les ventes au détail du mois de janvier ont été le principal élément d'information au début de la semaine de négociation, cette fois-ci de quatre jours... ou du moins, cela aurait été le cas dans un univers parallèle sans paralysie des services gouvernementaux! Hélas, il semble que nous n'aurons pas le premier tableau complet de la vigueur ou de la torpeur des dépenses de consommation avant quelques semaines. Cela ne signifie pas pour autant que le reste de la semaine ne sera pas chargé sur le plan de la publication de données.
Parlons maintenant d'une autre variable. Les actions sont en forte hausse en ce début d'année; ou les actions internationales, à tout le moins. L'indice MSCI Monde tous pays hors États-Unis (ACWX), dont on parle peu, affiche sa meilleure performance par rapport au S&P 500MD depuis au moins 1995. Un sprint alpha jamais vu depuis une trentaine d'années pour entreprendre 2026 intervient au moment où l'indice des grandes capitalisations américaines a plongé dans le rouge (cumul annuel), mardi matin. Cela démontre que le marché boursier dans son ensemble n'est pas monolithique.
La rotation sectorielle est en vogue
La diversification et la dispersion sont les maîtres-mots actuels en matière de répartition d'actifs. Les petites et moyennes capitalisations américaines ont surperformé, tout comme les secteurs défensifs comme la consommation de base et le créneau de l'immobilier, malmené jusqu'ici. Les secteurs de l'énergie et des matériaux, souvent jugés comme des investissements de fin de cycle, restent les plus performants parmi les 11 secteurs de l'indice S&P 500, au terme des 31 premiers jours de bourse de l'année.
C'est précisément cette combinaison – titres défensifs et valeurs de fin de cycle – qui inquiète certains analystes techniques.
La nervosité saisonnière et le volte-face de l'IA
Cette anxiété se manifeste pendant une période boursière réputée difficile. Rappelons que les actions ont atteint leur sommet le 19 février en 2020 et en 2025. Qui sait, la loi des séries pourrait peut-être ravir les investisseurs pessimistes. Tout comme la pandémie de COVID-19 et la débâcle tarifaire ont été des facteurs de baisse, ces dernières années, une nouvelle source d'inquiétude pourrait effrayer les investisseurs cette fois-ci :
l'enjeu du « logiciel (qui ne rend pas) service », ou le volte-face de l'IA. En effet, les anciennes valeurs technologiques à marge élevée et à revenus récurrents annuels élevés ont été attaquées par les « justiciers déflationnistes » de l'univers IA. Plusieurs des principaux titres du FNB iShares Expanded Tech-Software ETF (IGV) se négocient à des ratios cours/bénéfice tournant autour de 15. Les valorisations ayant fondu de moitié, les chercheurs d'aubaines du monde institutionnel pourraient se frotter les mains dans un contexte où l'on vend d'abord et réfléchit ensuite.
Une toile de fond à la fois dangereuse et optimiste?
Mais qu'est-ce qui modifie ce paysage? Eh bien, les données fondamentales sur les bénéfices et les données économiques pourraient réorienter les perspectives et l'évolution des cours. Dans la première catégorie, le rapport sur les bénéfices de Walmart (WMT) du 18 février offrira un aperçu des dépenses des ménages, mais il faudra aussi surveiller les données du détaillant en lien avec l'intelligence artificielle.
En effet, l'entreprise dont la capitalisation boursière a atteint mille milliards de dollars n'est plus qu'un simple détaillant à grande surface : c'est aujourd'hui un véritable mastodonte de l'IA et de l'automatisation. John Furner a succédé à l'ancien chef de la direction Doug McMillon ce mois-ci, et il pourrait bien chercher à faire parler de lui. Qu'est-ce qui pourrait bien faire plus de vagues que les perspectives sur l'IA et les efforts de réduction des coûts? Nous continuerons de surveiller l'évolution des choses.
Les données
Enfin, il y a la dernière catégorie, celle des données macroéconomiques. Selon nos partenaires d'Econoday, le procès-verbal du FOMC a été publié l'après-midi du 18 février. La Fed est probablement en mode attente pour le reste de la durée de la présidence de M. Powell, mais une dernière baisse des taux avant juin ne devrait pas être exclue – du moins selon le marché obligataire. Le rendement des obligations du Trésor à deux ans est tombé cette semaine à son plus bas niveau depuis le début du cycle (août-septembre 2022), ce qui laisse penser que la faiblesse de la croissance pourrait constituer un risque plus important que l'inflation marquée. Cela peut sembler étrange (compte tenu de l'évolution du modèle GDPNow de la Fed d'Atlanta), mais le marché obligataire mérite toutefois notre attention.
Nous en saurons plus d'ici vendredi. Notre calendrier économique indique qu'une déferlante de données nous attend. Les marchés absorberont le premier aperçu du PIB des États-Unis pour le quatrième trimestre. Les prévisions tablent sur un taux de croissance réel annualisé de 3,0 % en glissement trimestriel, ce qui représenterait une décélération importante par rapport au rythme effréné de 4,4 % enregistré au troisième trimestre de 2025. Disons-le : les données sur les échanges commerciaux et même les exportations d'or continuent de fausser les chiffres du PIB normalisé. Il ne faut donc pas s'étonner si les courtiers ne tiennent pas compte d'un résultat global divergent.
Un autre test d'inflation (bien que daté)
Ce qui risque d'attirer davantage l'attention, c'est l'aspect inflationniste du rapport sur le quatrième trimestre. La mise à jour de l'indice des dépenses de consommation des ménages (PCE) pour la période octobre-décembre constituera notre vision la plus claire de l'inflation, à ce jour. À noter que la date d'annonce des données sur l'inflation selon le PCE de janvier n'a pas encore été fixée. À la lumière de l'IPC et de l'indice des prix à la production (IPP) de décembre, les marchés prévoient des données de fin d'année potentiellement élevées.
Pour la suite, de nombreux économistes s'attendent à un ralentissement progressif du taux d'inflation après l'anniversaire du « jour de la libération ». Les comparaisons en glissement annuel joueront alors en faveur des partisans d'un assouplissement monétaire. Mary Daly, présidente de la Fed de San Francisco, et Austen Goolsbee, président de la Fed de Chicago, ont déjà laissé entendre que des baisses de taux pourraient être envisagées si l'inflation coopère.
Points de contact pour les entreprises et les consommateurs
Il y aura beaucoup de choses à déballer à 8 h 30 (HE) avant la cloche, vendredi mais l'action se poursuivra plus tard dans la matinée. À 9 h 45, ce sera les indices Flash PMIs de S&P Global. Les données de février permettront de vérifier si le dynamisme manufacturier se poursuit. En effet, en janvier, l'indice des directeurs d'achats de l'Institute for Supply Management (ISM) avait affiché des résultats étonnamment positifs. Contrairement à l'indice PMI de l'ISM, les indices Flash PMI de S&P Global sont supérieurs à 50 depuis un certain temps. L'amélioration de l'état d'esprit des chefs d'entreprise et des dirigeants de sociétés pourrait laisser présager une amélioration du marché de l'emploi plus tard dans l'année.
Enfin, le sentiment des consommateurs complète la matinée de données économiques, qu'elles soient positives ou négatives. Il s'agit de la deuxième et dernière mise à jour des sondages de février menés par l'Université du Michigan auprès des consommateurs. Le rapport initial était nettement plus optimiste que prévu. Une série de sondages optimistes donnerait encore plus de crédit à l'idée que le pessimisme ambiant commence à se dissiper. L'économie en forme de K semble toutefois se développer à plein régime.
En résumé
La semaine est courte pour les courtiers et les gestionnaires de portefeuilles, mais les experts appelés à décortiquer les données macroéconomiques auront fort à faire. Le procès-verbal du FOMC sera publié avant une série de données économiques de second plan, jeudi. Vendredi matin pourrait être le point culminant de la semaine. Seront alors publiées des données sur la croissance et l'inflation, suivies de sondages baromètres sur la confiance des entreprises et des consommateurs. Dans le même temps, les annonces des bénéfices des entreprises continuent d'affluer, et le circuit des conférences est très actif.
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