Un début d’année calme sur le plan macroéconomique... si on ferme les yeux!
- Dans un contexte de remous politiques, de bénéfices en plein essor et de nouvelles données économiques, les marchés révisent leurs attentes pour 2026.
- Les commentaires lors des conférences de présentation des résultats et les bénéfices des banques éclairent les marchés malgré le feuilleton politique et les vents macroéconomiques contraires.
- Les indicateurs liés à la main-d'œuvre, à l'inflation et à la croissance laissent entrevoir une Fed patiente et... des actions et obligations curieusement calmes.
Il ne s'est pas passé grand-chose depuis le début de l'année. Les manchettes macroéconomiques dignes d'intérêt pour le public ou Wall Street ont été rares. Bon, c'est vrai qu'il y a eu le renversement de régime au Venezuela, la prise de contrôle de capitaux de sociétés du secteur de la défense, un éventuel assouplissement quantitatif sur le marché des titres adossés à des créances hypothécaires, le plafonnement proposé des taux d'intérêt des cartes de crédit et la menace d'une mise en accusation criminelle pesant sur le président de la Fed, Jerome Powell, mais ce n'est rien de bien palpitant, n'est-ce pas?
Soyons honnêtes, 2026 a démarré en trombe. Tous ces rebondissements macroéconomiques ainsi que les distractions en série provenant de la Maison-Blanche n'ont pas été de tout repos pour les entreprises.
Tour d'horizon de la saison des conférences
Les chefs d'entreprise doivent prudemment composer avec les déclarations et les publications du président des États-Unis sur les réseaux sociaux, mais ils devront aussi présenter leurs stratégies actualisées et leurs perspectives sur leur secteur lors des grandes conférences de sociétés, cette semaine et tout au long du mois.
La semaine dernière, le Consumer Electronics Show a ragaillardi les technologies de consommation. C'est maintenant au tour du Retail's Big Show de la National Retail Federation à New York, de la 29e conférence annuelle d'ICR à Orlando et de l'événement qui attire tous les regards, la 44e conférence annuelle sur les soins de santé JP Morgan à San Francisco.
La période de publication des résultats fait son entrée en scène
Entre présentations et discussions informelles, les rapports sur les bénéfices du quatrième trimestre affluent de toutes parts. JPMorgan Chase (JPM) et The Bank of New York Mellon (BK) ont publié leurs résultats mardi dernier, suivis de Bank of America (BAC), Wells Fargo (WFC) et Citigroup plus tôt aujourd'hui.
Jeudi matin, Goldman Sachs (GS) et Morgan Stanley (MS) feront l'annonce de leurs résultats et de leurs profits. D'autres secteurs cycliques emboîteront le pas aux banques la semaine prochaine, avant que les grandes sociétés technologiques et l'IA ne volent la vedette plus tard en janvier.
Lisez tous les détails dans notre avant-goût de la période de publication des résultats du quatrième trimestre.
Et les données dans tout ça?
Le troisième et dernier des moteurs de volatilité cette semaine? Les données économiques.
Les négociateurs reprennent du poil de la bête après la plus longue paralysie du gouvernement américain de l'histoire. Le rapport de décembre sur l'emploi a été publié vendredi dernier; les données sur l'IPC, mardi dernier; et les données sur l'IPP et les ventes au détail, ce matin, tandis que les données sur le secteur manufacturier et l'habitation sont attendues vendredi. Avec cette grande quantité de données macroéconomiques nationales en main, les investisseurs ont une idée plus claire de la conjoncture alors que nous entrons au cœur de la saison de publication des résultats.
Selon notre calendrier économique, l'indice « New York Empire Manufacturing Index » sera publié demain matin. Cet indicateur passe souvent inaperçu, mais il mérite d'être analysé de près. Cette donnée d'enquête de janvier prend le pouls de l'économie réelle dans le nord-est des États-Unis. En conjuguant cette information au rapport Philly Fed Business Outlook publié simultanément, les participants au marché pourront se faire une idée de l'optimisme (ou du pessimisme) qui règne, dans un contexte marqué par un marché de l'emploi atone et des craintes persistantes liées à l'inflation.
Pour ce qui est de l'avenir, l'allègement du fardeau fiscal des entreprises pourrait remonter le moral des dirigeants, tandis que les remboursements d'impôt records qui seront déposés dans les comptes des consommateurs dès le mois prochain pourraient améliorer la perception qu'ont les ménages de la conjoncture économique... pourvu que le marché de l'emploi ne s'effondre pas.
Le marché de l'emploi est toujours au point mort
Parlant d'emploi, les données sur les demandes initiales de prestations de chômage sont publiées le jeudi à l'heure habituelle, avant le son de cloche. Le marché demeure en mode « pas d'embauche, pas de licenciement », de sorte que nous nous attendons à ce que le nombre de demandes initiales de prestations de chômage demeure faible. Les demandes continues, toujours publiées avec une semaine supplémentaire de décalage, pourraient encore être affectées par la période des fêtes de fin d'année.
Pour l'instant, le rapport de décembre sur les emplois non agricoles est en quelque sorte une « aventure dont vous êtes le héros ». La création globale de 50 000 emplois a été inférieure aux prévisions des analystes, mais le taux de chômage a reculé de 16 points de base par rapport à novembre pour s'établir à 4,375 %. Les pessimistes entrevoient de fortes révisions à la baisse des emplois d'octobre et de novembre, tandis que les optimistes s'en remettent aux données plus vastes sur l'emploi (y compris les rapports du secteur privé) et espèrent que le ralentissement de l'emploi a atteint son creux ou s'en approche.
La Fed sur la touche
Qu'est-ce que tout cela signifie pour les investisseurs? Les données sur l'emploi de décembre, les mises à jour sur l'inflation et la progression des ventes au détail inciteront sans doute la Fed à rester sur la touche d'ici la fin de la présidence de M. Powell (15 mai). Le marché des titres du Trésor anticipe environ deux baisses de taux d'un quart de point d'ici la fin de l'année, et il y a fort à parier que des pressions seront exercées sur le nouveau président pour qu'il convainque les 11 autres membres votants du FOMC de réduire les taux en juin.
La décision que prendra la Fed au sujet des taux d'intérêt le 28 janvier s'accompagnera vraisemblablement de feux d'artifice supplémentaires. Ayant diffusé en direct dimanche soir une vidéo en réaction à l'assignation fédérale, du jamais vu, M. Powell sera sans doute interrogé sur ses réflexions et ses intentions à la lumière des nouvelles attaques de la Maison-Blanche. Précisons que le président Trump a nié avoir connaissance de l'enquête du département de la Justice. Dans l'ensemble, les indicateurs de volatilité des actions et des obligations sont modérés.
Des marchés que rien ne semble ébranler
Depuis l'été, les marchés ont digéré les bénéfices, les données et les intrigues politiques sans sourciller. L'indice Dow Jones des valeurs industrielles avoisine les 50 000 points, l'indice S&P 500 est à deux doigts des 7 000 points, et les indices internationaux fracassent des records. Pour l'heure, le marché obligataire semble souscrire à la tendance « TACO Trade » (qui mise sur les volte-face de Trump), mais la remontée spectaculaire des métaux précieux est un signe que les enjeux budgétaires et monétaires ne sont pas tous réglés.
Se concentrer sur les données réelles et les commentaires des chefs d'entreprises semble donc l'approche la plus judicieuse pour le moment.
En résumé
La table macroéconomique est en voie d'être dressée pour 2026. Après le silence statistique du quatrième trimestre, les rapports économiques officiels ont été publiés aux dates prévues. Par ailleurs, le début convenable de la période de publication des résultats rappelle aux investisseurs que les sociétés peuvent afficher une croissance solide de leurs bénéfices malgré le cirque politique à Washington. Dans les semaines à venir, mieux vaut donc surveiller de près tant les données économiques que le calendrier de publication des résultats.
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